La résilience en 9 principes

 

Pour le CERAR, la résilience renforce les capacités de choix et d’initiatives
de chaque individu, groupe et communauté.

Trop souvent,  l’objectif de la résilience est réduit à rebondir pour revenir à la situation de ‘normalité’ d’avant la crise.

Pour le CERAR,  chaque individu, groupe ou communauté a les possibilités d’aller plus loin que la survie,
en mobilisant ses capacités de choix pour se développer positivement – même dans des conditions de vie difficiles –
d’une manière qui correspond à ses valeurs et environnements.

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Chacun (individu, groupe et communauté), même dans les situations difficiles, a droit à être respecté ainsi que de garder espoir et perspectives d’une amélioration de sa situation, d’une vie en sécurité, d’une sortie de crise et d’un avenir plus serein.
La résilience permet de renforcer ou de redonner aux individus et aux communautés des raisons d’espérer, d’avoir des perspectives d’avenir et de transformer ces espoirs en mobilisations et actions.
Les moteurs de résilience sont établis sur des possibilités et des forces que les  individus, groupes ou communautés - et ceux qui veulent les soutenir - cherchent à mobiliser pour aller plus loin que la survie, dans l'amélioration au quotidien de leurs conditions de vie, face à une crise.
La résilience est une capacité qui, même dans des conditions de vie difficiles et même si ceci peut à certains moments sembler insurmontable, est basée et construite sur les forces que les individus, groupes et communautés possèdent et cherchent à mobiliser d’une manière qui correspond à leurs valeurs et leurs environnements afin d’améliorer leurs conditions de vie selon leurs espoirs et objectifs.
Les initiatives de résilience face aux crises, respectent les individus, groupes et communautés comme  acteurs de leurs propres choix et non comme victimes, dépendantes et passives.
Les initiatives de résilience mettent au centre les aspirations des individus ou communautés et les capacités de concevoir et influencer leur propre futur. Elle renforce ainsi l’estime de soi, la reconnaissance sociale par les autres et la dignité individuelle et collective.
La résilience est un processus proactif de long terme.

La résilience sous ses différentes formes permet de percevoir autrement les opportunités et d’agir à long terme.  
La résilience prend différentes formes. La survie immédiate (coping) est nécessaire face aux urgences mais rapidement il est possible de s’orienter vers l’adaptation aux conditions du présent et tendre à une transformation  de son environnement pour atteindre un impact durable.

Les moteurs de résilience reconnaissent et soutiennent l’entraide collective qui permet une meilleure mobilisation des forces. Plus les individus et communautés sont connectés entre eux, plus ils peuvent être résilients.
La résilience dépend des capitaux sociaux de relais, de liaison et de connexion. La cohésion interne à la communauté ou au groupe (liaison) permet la mobilisation collective. Les liens entre groupes ou communautés (relais) permettent le partage de ressources et d’expériences.  La capacité de mobiliser des acteurs extérieurs (connexion) notamment humanitaires permet l’accès à des compétences, ressources et savoirs complémentaires.
Les moteurs de résilience  s’inscrivent dans les cultures et s'adaptent aux conditions de l’environnement. La résilience est donc localisée.
La résilience transformative s’inscrit dans les logiques de la sensibilité culturelle. En tant que facteurs essentiels dans la construction de la résilience, la culture et l’environnement permettent de redonner un sens aux relations sociales  et d’améliorer la compréhension des crises.
La résilience varie, se transmet et se renforce.  Elle est un processus continu et pas un état. Ce renforcement peut s‘effectuer notamment par le renforcement des capacités individuelles et collectives et un soutien aux initiatives locales.
Aux niveaux individuel, familial et communautaire, le renforcement de la résilience se base sur la reconnaissance sociale, la mutualisation des moyens de subsistance, le renforcement des capacités individuelles et collectives et la diversité des capitaux sociaux.
Les moteurs de résilience transformative comprennent des initiatives de stabilisation, de renforcement institutionnel, de préservation de l’environnement et d'intégration de l'inclusivité.
Aux niveaux régional et national, le renforcement de la résilience se centre sur le renforcement institutionnel, environnemental et légal ainsi que sur la réduction des inégalités, des discriminations et le changement collectif de mentalités.
Le travail humanitaire ou de développement dans les crises prolongées doit chercher avec les communautés et personnes affectées comment renforcer  la résilience transformative.
Un travail humanitaire ou de développement basé sur la résilience transformative met au centre les forces existantes et les opportunités locales valorisées par les communautés, pour les traduire en initiatives. Il rend visible et intègre les connaissances et expériences locales et renforce la cohésion sociale, la dignité et les capacités de choix.  Il veille à renforcer les capitaux sociaux et s’ancre dans la culture locale et le respect de l’environnement.
Renforcer la résilience consiste donc à trouver le juste équilibre entre le soutien immédiat  et l’accompagnement des individus, groupes et communautés en synergie avec  leurs propres espoirs et perspectives en créant un espace dans lequel chacun se sent dans son élément,  respecté et reconnu pour ses  forces et fragilités, ses droits et ses réalisations.