Une action humanitaire sensible à la culture en 8 principes

 

Le CERAR encourage une meilleure lecture et intégration des cultures
pour renforcer les acteurs dans l’appropriation des réponses humanitaires.

Le sensibilité culturelle ouvre la voie à une localisation
basée sur la résilience et la dignité des parties prenantes. 

Pour qu’une action humanitaire soit sensible aux cultures, quelques principes simples peuvent aider:

1. Être sensible à la culture permet de considérer la culture comme une réalité complexe et multidimensionnelle. Elle ne se réduit pas à ses aspects tangibles.

La culture va au-delà des éléments visibles représentés par le sommet de l’iceberg culturel (comme l’habillement, les interdits alimentaires, le langage du corps ou les modes de salutation) ou les savoirs techniques (construction d’habitats traditionnels, modes de culture maraîchère). Elle comprend dans la partie immergée de l’iceberg, les valeurs, les normes, les structures, les perceptions.

2. Être sensible à la culture permet de prendre en compte le dynamisme et l’évolution constante des cultures, même traditionnelles

La culture évolue influencée par les contacts, les échanges, les technologies, les aspirations, les niveaux de développement et plus encore suite aux chocs, aux crises et aux confrontations. Il existe au sein même d’une culture des éléments paradoxaux dus à des influences, aspirations et développements divers.

3. Être sensible à la culture permet d’éviter le romantisme ou un  relativisme culturel trop radical.

La dialogue culturel permet de respecter avec empathie et esprit critique, la culture de l’autre et de soi-même.

4. Être sensible à la culture permet de lire les contextes complexes.

Il est impossible de tout comprendre ou de tout connaître par rapport à un contexte, comprenant des composantes culturelles différentes selon les régions, les impacts des crises et aussi les influences différentes. Être sensible à la culture consiste à trouver le juste équilibre entre la réduction de la complexité et la création de stéréotypes.

5. Une action humanitaire sensible à la culture reconnaît que les cultures sont impactées par les crises d’une manière irréversible.

Les impacts des crises tels que les déplacements forcés, les violences, les menaces, la survie au quotidien ou les peurs entraînent l’adaptation des comportements et des attitudes aboutissant à des changements culturels et à la création de cultures spécifiques de crises, souvent sources d’innovation.

6. Une action humanitaire sensible à la culture reconnaît ne pas être neutre culturellement. Il existe une culture humanitaire propre qui influence les cultures locales.

Les cultures humanitaires, par leurs différents modes d’organisation, motivations, objectifs, impératifs éthiques et logistiques créent des comportements et environnements spécifiques. Il est important d’en prendre conscience et d’être conscient de leurs influences dans les interprétations des situations et des projets.

7. Une action humanitaire sensible à la culture prend en compte de nombreux déterminants culturels pour  toutes les étapes du cycle du projet.

Les compréhensions locales de l’environnement, de la spiritualité et des religions, des liens hiérarchiques, des rôles sociaux de genre, des flux d’information sont par exemple des déterminants culturels importants à considérer dans les projets.

8. Une action humanitaire sensible à la culture va plus loin que les processus participatifs ou la communication interculturelle.

La dialogue culturel appelle au développement de compétences spécifiques et à la création de rôles de catalyseurs ou de traducteurs culturels.[/su_spoiler]